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Interview de Didier D’Aléo sur moto-net.com

écrit le 18 novembre 2016

Le web atelier moto une nouvelle fois à l’honneur et en présentation sur le site www.moto-net.com.

 Web Atelier Moto : entretien avec un pro de la mécanique

A cette occasion Didier D’Aléo qui a mis en place le web atelier moto a été interviewé par Mathhieu BRETILLE.

Retrouvez l’intégralité de cet interview sur www.moto.net.com

Interview MNC de Didier D’Aléo (Darritek / WAM)

Moto-Net.Com : Bonjour Didier. Comment définirais-tu la société Darritek qui est toute récente ?
Didier D’Aléo :
Darritek.fr est une société de vente par correspondance. On possède un large catalogue de pièces détachées techniques, d’accessoires et de produits d’entretien pour tout type de motos, quads, SSV, 50 cc, scooters, maxi-scooters, etc. En fait, cela fait deux ans que nous travaillons sur ce projet. Mais nous n’avons lancé l’activité et la commercialisation des pièces qu’en janvier. Il a fallu du temps pour tout planifier et organiser, trouver les solutions techniques, arriver à tout bien gérer. En parallèle, nous avons aussi ouvert un atelier « physique », dans le Parc d’activités Eurolarc à Artix (Pyrénées-Atlantiques). On y fait un peu de préparation, aussi bien moteur que partie cycle. Il y a de la demande pour du Brat style, Cafe racer, Scrambler, tout ce qui est dans l’air du temps, mais on fait aussi du supermotard. On y organise également des formations pour les gens qui habitent dans le coin. Et il nous sert évidemment pour notre Web Atelier Moto.

MNC : Rappelons que tu as travaillé dix ans chez Bihr Distribution. Quel était ton rôle ?
D. D’A. :
J’étais le manager technique, ce qui veut dire que je gérais pas mal de choses… Le SAV et toute son équipe, l’atelier de mécanique de précision, les formations techniques et « produits » pour les professionnels (mécaniciens et chefs d’entreprise, commerciaux itinérants ou sédentaires, télévendeurs, etc.). Je m’occupais aussi de la sélection de tous les produits de la partie moto du catalogue Bihr (qui est particulièrement balaise, NDLR). Je les validais techniquement et je formulais aussi des critiques en retour aux fournisseurs ou distributeurs pour qu’ils puissent améliorer leur matériel.

MNC : Tu as toujours baigné dans la mécanique ?
D. D’A. :
Oui, je suis diplômé CAP, BEP et Bac Pro mécanique moto, CAP et BEP en électrotechnique. J’ai ensuite travaillé dans divers domaine : l’aéronautique, l’automobile, les machines-outils, puis la moto qui représente environ 90% de ma vie professionnelle.

MNC : Car la moto est ta passion…
D. D’A. :
Oui ! J’ai commencé à faire des petites courses de quad à 9 ans. Mais ça remonte bien avant : ma grand-mère a eu le permis side-car en 1949 ! C’est elle qui m’a lancé là dedans… Ça fait quelques générations qu’on fait de la brèle dans la famille et mon boulot s’inscrit logiquement dans ce parcours, cette passion.

MNC : Parlons justement de ton travail. Tu viens de développer un nouveau service qui, selon toi, est inédit dans la moto. Tu sais s’il existe dans d’autres secteurs ?
D. D’A. :
Honnêtement, ce n’est pas évident de répondre de manière catégorique. Je ne prétends pas tout savoir…

MNC : Dans la moto en tout cas, c’est une première et tu ne t’es pas inspiré d’un concept préexistant dans l’auto, le poids lourd ou le bilboquet ?
D. D’A. :
D’après moi ça n’existait pas dans la moto, pas plus que dans la voiture ou ailleurs. En fait, l’idée m’est venue à l’origine de mon expérience chez Bihr. On avait 5500 clients, majoritairement des concessionnaires. Lorsque des techniciens bloquaient sur des problèmes techniques, ils appelaient le SAV. Et quand ça devenait vraiment pointu ou « high-tech », c’est moi qui les prenais en charge. Donc pendant des années, j’ai dépanné, aiguillé, orienté ou conseillé des professionnels sur des pannes et des problématiques, mais par téléphone, sans pouvoir me déplacer car j’étais parfois à plusieurs milliers de kilomètres de mon interlocuteur… et sans image ! C’est un exercice de style vraiment compliqué parce qu’il faut réussir à jauger les compétences de la personne au bout du fil, jauger son outillage, et surtout identifier sa panne. Ca fait beaucoup de paramètres à gérer en même temps !

MNC : La tâche aurait été un peu moins compliquée avec les moyens d’aujourd’hui, comme Skype, qu’utilise le Web Atelier Moto !
D. D’A. :
Exactement. Mais bon, c’était mon quotidien, je ne me posais pas trop de questions. On travaillait avec les moyens alors à disposition. Je faisais beaucoup d’interventions de ce style chaque jour. Et j’ai réalisé que c’était le truc que j’aimais le plus dans mon métier : faire de l’informatique, traiter des fichiers Excel, établir des cahiers des charges pour les fournisseurs, tout ça pouvait être sympa, mais c’est la partie diagnostique et pédagogique qui me plaisait le plus. Quand j’ai quitté Bihr, mon téléphone a continué de sonner : des pros et des particuliers m’appelaient pour que je les dépanne. En fait ça a toujours été comme ça, on m’appelle le soir, le week-end, en semaine, tout le temps… Je me suis aperçu qu’il y avait d’un côté une vraie demande, et de l’autre des compétences dans le milieu qui se perdent petit à petit. Le métier de mécano est saisonnier et pas bien payé, du coup il y a énormément de turn-over et l’expérience finit par manquer. Je me suis aussi rendu compte que des particuliers étaient demandeurs.

MNC : Et c’est ce qui t’a conduit à lancer ton service WAM !
D. D’A. :
C’est ça. Grâce à Internet aujourd’hui, on peut être dans le garage et voir la moto. On découvre son état, son usure, son problème… Chaque machine a ses spécificités. À partir du moment où on peut saisir tout ça, c’est gagné. On est donc parti de ce constat, on a réfléchi au concept, on a engagé un développeur informatique, puis deux, on a travaillé sur le site internet, sur les aspects marketing et visuels.

MNC : À qui s’adresse ce nouveau service de mécanique à distance ?
D. D’A. :
À des gens qui n’ont pas forcément de connaissances mécaniques mais doivent faire des économies en entretenant eux-mêmes leur machine. On leur propose donc d’acheter des pièces sur Internet à un prix compétitif, et on peut ensuite les guider pour le montage. Car tout le monde n’a pas les compétences techniques pour bricoler sa moto… alors que quasiment n’importe qui peut acheter une moto d’occasion à 1000 ou 1500 euros qui prend plus de 200 km/h. Et là, il ne faut pas se louper ! En une heure de WAM, facturée 30 euros, le motard peut poser toutes les questions qu’il veut, être rassuré ou au contraire être averti que quelque chose cloche. « Attention, là en revanche il y a un souci. Vous pouvez rapprocher votre téléphone ? C’est ça, vos durits de frein sont trop courtes, il faut les passer à un autre endroit« , ou alors « la vis de cet étrier n’a pas l’air vissée à fond« , etc. Au besoin, on les dirige vers leur concessionnaire si l’intervention s’annonce longue ou compliquée. Ensuite, il y a ceux qui font le choix de ne pas aller chez un professionnel et à qui l’on peut proposer des solutions pour qu’ils ne mettent pas leur vie en danger.

MNC : Les applications smartphones de WAM ont été mises en ligne il y a peu de temps (16 mars sur Androïd, 6 mai sur Apple). Combien de rendez-vous WAM as-tu pris ?
D. D’A. :
Actuellement, on tourne autour de trois par semaine.

MNC : Es-ce que tu as déjà identifié des profils type chez les premiers clients ?
D. D’A. :
Non, pour l’instant il y a de tout. Ca part du scooter à la grosse cylindrée en passant par l’enduro. Et on a tous les niveaux : des gens qui veulent faire une vidange, changer leurs les plaquettes ou nettoyer leur filtre à air, d’autres qui souhaitent contrôler le jeu aux soupapes, peaufiner la synchro des carbus, etc. Samedi matin, je fais une formation « en physique », dans notre atelier, pour le changement de joints spi, l’entretien et les réglages de fourches sur les enduros. En revanche, on se rend compte que l’électronique pose problème (lire notre Dossier spécial : l’évolution (techno)logique, NDLR). Il y a beaucoup de questions sur les voyants et indications qui apparaissent sur le tableau de bord. C’est un domaine qui est difficile à appréhender.

MNC : D’où la location de la valise de diagnostic ?
D. D’A. :
Exactement. En tant que distributeur exclusif des appareils multimarque Hella Gutmann, on a une véritable expertise dans le domaine. On se spécialise d’ailleurs dans ce type de diagnostic, souvent synonyme de dépannage. Il y a de plus en plus d’électronique sur les motos, ce qui signifie qu’une personne qui a beau savoir bricoler peut vite se retrouver bloquée. Ses personnes ont perdu leur autonomie, leur capacité à bricoler sur leur moto. Ça explique d’ailleurs l’explosion des motos Youngtimer, des motos rétros, etc. Il y a vraiment beaucoup de motards qui se tournent vers l’occasion. Pas dans les magasins, qui ont pris cher avec les annonces sur internet. Chez les concessionnaires du reste, les motos neuves atteignent des tarifs prohibitifs.

MNC : Mais ceux qui possèdent une moto récente peuvent se tourner vers vous et louer un appareil de diagnostic ? Pour quel coût ?
D. D’A. :
Pour 90 euros TTC, ils peuvent effectivement louer un Mega Mac 42 SE très précisément, une machine qui vaut 4500 euros. Il faut ajouter du Web Atelier pour que nous puissions être connectés à la machine et qu’on puisse orienter le professionnel ou le particulier. C’est un appareil plutôt ludique, mais qu’il faut savoir lire. Sans aucune notion du fonctionnement d’une injection électronique, d’un ABS ou d’un faisceau, l’appareil ne suffit pas. C’est pour cela qu’il faut l’aide du Web Atelier, qui va pouvoir interpréter et exploiter les données.

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